Leïla Couradin


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EXPOSITIONS



Adélaïde Feriot - Polaris

Bettina Samson - Spectral Summer, Le Parc Saint Léger 

Bénédicte Lacorre - Did something real happen ?

Vincent Gallais - L’instant de plus

Baptiste Charneux et Delphine Gatinois - Sécher le perroquet

La fête de l’insignifiance - exposition collective, Kunsthalle de Mulhouse 

Carla Adra - Bouche 

Léo Sallez - Relais des gourmets 

Victoria David - Snow Gum




TEXTES CRITIQUES 



Frédéric Rouarch - La traversée 

Pierre Unal Brunet - Entretien, POST it MONSRE

Celine Pierre - Entretien, Point Contemporain 

Sophie Hasslauer - Portrait, Point Contemporain

Katinka Bock - Portrait, Zérodeux 

Marianne Villière - Entretien, POST it #08

Romuald Jandolo - Entretien, CARF 03

Baptiste Charneux - Entretien, POST it #06

Anaëlle Rambaud - Entretien, POST it #04

Carla Adra - Entretien, POST it #02

Corentin Canesson - Entretien, CARF 02

Thomas Schmahl - Portrait, Point Contemporain

Predicted Autumn, Jochen Lempert, La belle revue 

L’odeur du ciel, Damien Fragnon et Naomi Maury, Tzvetnik

Radio, Katinka Bock, Point Contemporain

Pavillon, Guillaume Perez, Artaïs 

Les conventions ordinaires, Chloé Serre, La BF15, Zérodeux 

Partout, mais pas pour très longtemps, Convoi exceptionnel, Point Contemporain

Peaux des murs, Claire Georgina Daudin, Point Contemporain

Night Soil - Nocturnal Gardening, Mélanie Bonajo, La critique 

Entre-temps, portrait de Rémi De Chiara, Point contemporain

Cleptomanie Sentimentale, collection Saves, Point contemporain

Les coulisses du plateau, portrait de Naomi Maury, Point contemporain 

Sous la surface, portrait de Julie Digard, Point contemporain 

Eloge de l’imprévu, portrait de Damien Fragnon, Point contemporain

Le divan des murmures, exposition collective au Frac Auvergne, Zérodeux 

La Fête, La Musique, La Noce, Maria Loboda, Zérodeux 

Le monde ou rien, exposition collective au Gac Annonay, La belle revue 

Images évanescentes et dessins absents, Claire Georgina Daudin, Le mauvais coton

Les bruits silencieux, Olivier Zabat, Le mauvais coton

Dancing in the Studio, Pedro Barateiro, Le mauvais coton

Etoffes à décor de circonstance, Joséphine Kaeppelin, Le mauvais coton

Conversations silencieuses, exposition collective au Réverbère, Le mauvais coton

Marcher à la dérive, Alex Chevalier et Guillaume Perez, Le mauvais coton

Les éléphants se cachent pour mourir, Maxime Lamarche, Le mauvais coton

Promenade urbaine en négatif, Sehyong Yang, Le mauvais coton

Histoire des ensembles, Mathilde Chénin, Le mauvais coton

Cave Studies, Vincent Broquaire, Le mauvais coton 


Frédéric Rouarch - La traversée





Publié dans le carde de l’exposition personnelle de Frédéric Rouarch au Bazar - Hôpital psychiatrique Saint Jean de Dieu




Ancienne boutique, le bazar est aujourd’hui un espace d’exposition que l’on peut découvrir dans le parc arboré de l’hôpital psychiatrique Saint Jean de Dieu. Ici, dans le cadre d’une programmation culturelle variée, Frédéric Rouarch a été invité à réaliser une installation in situ : La traversée.

Comme souvent dans son travail, l’architecture l’invite à faire émerger une structure nouvelle, une méta-forme, permettant de dessiner de nouvelles lignes et de nouveaux mouvements de circulation dans l’espace. Chère à Cécilia de Varine, à l’initiative de l’invitation, la thématique du passage est ici centrale.

En entrant par la voûte principale le·a visiteur·se découvre immédiatement l’installation, à la frontière entre l’art, le mobilier urbain et l’architecture moderniste. Rappelant les sculptures minimalistes de Carl Andre ou de Robert Morris, ce volume traversant lui-même tout l’espace semble vouloir être parcouru : il engage, autant que celui de l’artiste, notre corps, évoquant notamment les modules à skater de Raphaël Zarka.

Pour réaliser cette œuvre éphémère, l’artiste a souhaité utiliser des matériaux de récupération, dans une démarche de ré-emploi et d’économie de matières premières. Les chutes de bois de diverses textures et provenances, composent ensemble une forme nouvelle d’une apparente fragilité ; son unicité pourrait-elle devenir la métaphore d’une société plus inclusive, sans cesse enrichie par la diversité ?

Mais contrairement à ses œuvres antérieures, les matériaux sont ici laissés brut, de finitions et d’aspects disparates, ils ne sont ni peints en monochrome à la manière des pièces d’Anne Truitt, ni même vernis ; le passage du temps et des visiteurs en feront la patine. Aussi, la composition quasi picturale de la structure est aussi importante que la forme générale de la sculpture. Dans une démarche de l’ordre du « faire », collaborant avec un réseau de partenaires sensibles à ce projet, Frédéric Rouarch a construit cette œuvre au gré des dons de bois, jouant avec les contraintes imposées tant par les matériaux – leurs factures et leurs dimensions – que par le calendrier incertain de production, l’architecture du lieu ou encore le contexte spécifique de l’hôpital.

L’assemblage minutieux des fragments de bois glanés pendant plusieurs semaines lui a permis d’ajuster, voire d’encastrer subtilement l’installation – pourtant monumentale au regard de l’espace qui l’accueille – au « bazar ». Quelques heureux hasards de couleurs permettent de faire émerger un dialogue sensible entre l’œuvre et les éléments architecturaux qui en constituent l’écrin. La sculpture, qualifiée par l’artiste de « praticable », incite dès le franchissement du seuil à en faire l’expérience. S’il s'agit à première vue de parcourir une pièce, La traversée peut s’avérer multiple. Comme dans les labyrinthes de Richard Serra, un léger vertige peut nous inviter à questionner les effets de ce parcours à la fois physique et métaphorique. Si ce n’est un espace clos, que traversons nous alors ?




















































Mark