Leïla Couradin


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EXPOSITIONS


Vincent Gallais - L’instant de plus

Baptiste Charneux et Delphine Gatinois - Sécher le perroquet

La fête de l’insignifiance - exposition collective, Kunsthalle de Mulhouse 

Bénédicte Lacorre - Did somtehing real happen ?

Carla Adra - Bouche 

Léo Sallez - Relais des gourmets 

Victoria David - Snow Gum




TEXTES CRITIQUES 


Katinka Bock - Portrait

Thomas Schmahl - Portrait

Predicted Autumn, Jochen Lempert

L’odeur du ciel, Damien Fragnon et Naomi Maury

Radio, Katinka Bock

Pavillon, Guillaume Perez

Les conventions ordinaires, Chloé Serre, La BF15

Partout, mais pas pour très longtemps, Convoi exceptionnel

Peaux des murs, Claire Georgina Daudin 

Night Soil - Nocturnal Gardening, Mélanie Bonajo

Entre-temps, portrait de Rémi De Chiara 

Cleptomanie Sentimentale, collection Saves

Les coulisses du plateau, portrait de Naomi Maury 

Sous la surface, portrait de Julie Digard 

Eloge de l’imprévu, portrait de Damien Fragnon

Le divan des murmures, exposition collective au Frac Auvergne 

La Fête, La Musique, La Noce, Maria Loboda

Le monde ou rien, exposition collective au Gac Annonay

Images évanescentes et dessins absents, Claire Georgina Daudin

Les bruits silencieux, Olivier Zabat 

Dancing in the Studio, Pedro Barateiro

Etoffes à décor de circonstance, Joséphine Kaeppelin

Conversations silencieuses, exposition collective au Réverbère

Marcher à la dérive, Alex Chevalier et Guillaume Perez

Les éléphants se cachent pour mourir, Maxime Lamarche

Promenade urbaine en négatif, Sehyong Yang

Histoire des ensembles, Mathilde Chénin 

Cave Studies, Vincent Broquaire 


Léo Sallez - Relais des gourmets 





Exposition présentée au local, du 15 février au 15 mars 2020


Clin d’oeil malicieux, le titre de cette exposition fait référence, comme souvent dans la pratique de l’artiste rémois Léo Sallez (né en 1993), à l’histoire du kiosque des basses promenades, autrefois occupé par divers commerces et cafés. L’artiste s’inspire en effet des lieux qu’il investit pour y opérer une transformation joyeuse des formes et des matières.

Intéressé par le travail de Gordon Matta Clark – artiste américain qui réalise dans les années 70 des coupes de bâtiments – Léo Sallez s’empare de matériaux révélateurs de l’histoire de l’architecture pour les réactiver en en changeant le statut. Ainsi, les lattes du parquet de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design (dont il est diplômé depuis 2018), la chaux dont l’industrie était florissante à Crugny ou encore les poutres du chantier du musée des Beaux-Arts, sont autant d’objets glanés directement sur les lieux d’exposition ; ils en transmettent l’essence.

Ces objets sont ensuite transformés par des techniques souvent traditionnelles acquises par nécessité à l’occasion de chaque projet. En 2018, ce sont les charpentiers du musée des Beaux-Arts qui formeront Léo Sallez au procédé de coloration naturelle du bois, ou le spécialiste du métal de l’ESAD qui lui transmettra les techniques précises de travail du cuivre. Plus tard, pour préparer l’exposition Bisou Bisou – un parcours d’oeuvres d’art dans le paysage mis en place par Maison Vide (Crugny, 2019) -, les briques de chaux qu’il réalise dans l’atelier lui permettent de se familiariser avec un savoir millénaire, qui sera ensuite réinvesti dans une production artistique comme toujours « site specific ». Si après l’intervention de Léo Sallez, le lavoir désaffecté de Crugny se pare d’une matière disparue et détourne à nouveau le cours d’un ruisseau, sa fonction est pourtant par essence modifiée.

Pour son exposition au local, Léo Sallez présente un kiosque qui revêt à nouveau une allure de salon de thé. Tout semble familier, et pourtant rien ne coïncide avec la supposée fonction du lieu. Le mobilier, entre design contemporain et établi d’un bricoleur, brouille les pistes : il ne ressemble en rien à celui des cafés ni aux socles des sculptures. Si quelques tables nous invitent à entrer, les glaçages et les meringues, d’un bleu aussi séduisant que chimique, semblent sortis tout droit d’un film de science fiction des années 70, dont les effets spéciaux bricolés produisent une esthétique à part entière.

Dans une cuisine qu’on imagine transformée en laboratoire de chimie, l’artiste mène des expériences : sans recettes écrites ni savoirs scientifiques précis, il cherche à associer le sucre et la peinture, produisant des formes expansives entre la pâtisserie, le monochrome, la sculpture et le glitch numérique.

Les cristaux de sucre deviennent des pixels et évoquent un art culinaire d’anticipation home made, quasi post-internet. La matière dégoulinante semble être le fruit d’une numérisation 3D : sa matérialité pourtant criante nous échappe de l’autre côté de la vitre. Les ustensiles, les récipients et la vaisselle arborent quant à eux un caractère désuet, ils ne semblent être que prétextes à recevoir la substance non identifiée, aussi savoureuse qu’indigeste.

Pourtant, au local, si l’on se hasarde à fantasmer un quelconque univers numérique ou issu de la science- fiction, c’est avec des moyens propres à la peinture antique que Léo Sallez travaille, la peinture est a tempera, à base de blanc d’oeuf. L’histoire du lien étroit entre l’art et la nourriture est en effet l’une des inspirations déterminantes de l’artiste, notamment suite au workshop « Nourrir, ce nourri » de Ramuntcho Matta (Lizières, 2018) et à l’exposition collective éponyme qui en est le fruit.

Plus largement, on perçoit dans le travail de Léo Sallez l’intérêt, ou plutôt le goût – puisqu’il s’agit bien de cela – de Léo Sallez pour les techniques et leurs évolutions, pour la matière et ses différents états, pour les transformations et les métamorphoses.



Léo Sallez, Le relais des gourmets, le local, février 2020. Photo : Thomas Schmahl




































































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