Clémentine May - Cas d’écorces
Publié dans le catalogue de l’exposition de Clémentine May au Polaris de Corbas - invitée par l’EMAP Corbas
Le travail de Clémentine May est fait de mouvements ondoyants, de va-et-vient perpétuels, et d’échos en tout genre. Les lignes se fondent dans les fibres du papier, s’entremêlent puis s’en échappent pour parcourir l’espace, fluides comme de l’eau ou tendues comme des cordes. Clémentine May n’a de cesse de contorsionner médiums et techniques traditionnelles pour interroger, par ses expérimentations patientes, et par les résultats parfois aléatoires qu’elle obtient, l’essence même des matériaux. À l’image des veines d’un bois ancien, les œuvres racontent l’histoire de la matière, ses changements d’état, ses velléités, ses accidents.
Qu’il résulte d’un geste à l’échelle du corps ou d’une observation minutieuse, le dessin est la clé de voute de l’exposition. Il témoigne d’un rapport direct au réel. Véritable métonymie poétique, le dessin fusionne parfois avec son propre support, le papier, ou encore avec l’architecture qui l’accueille. Revisitant la technique du frottage chère aux surréalistes, Clémentine May réalise une empreinte du sol du Polaris, révélant à l’encre colorée dans une installation in situ monumentale, ses aspérités témoins de nos pas répétés. Dans Cas d’écorces, tout est affaire de transmutation : la sculpture en grès chamotté mime la feuille roulée sur elle-même quand les moulages en papier séchés sans contraintes s’apparentent à de lourdes plaques de marbre. Ailleurs, la superposition de motifs végétaux créée l’image quasi subliminale d’un nid d’oiseau, comme pour rejouer le phénomène naturel en sérigraphie.
À travers sa pratique artistique, Clémentine May cherche à mettre en exergue, au moyen de quelques traits et avec humilité, les relations que nous entretenons avec le non-humain, le vivant vulnérable, fragmenté ou étayé. Du minéral au végétal, l’environnement est omniprésent, produisant de sensibles mises en abyme. Bien qu’autonomes, les œuvres semblent reliées par des rhizomes imperceptibles, tant formellement que symboliquement. Elles sont les fragments de branches qui invoquent l’arbre tout entier. Réunies dans l’espace d’exposition, comme autant de mots dans les pages d’un livre, elles composent un récit déployé, un paysage à parcourir.
Qu’il résulte d’un geste à l’échelle du corps ou d’une observation minutieuse, le dessin est la clé de voute de l’exposition. Il témoigne d’un rapport direct au réel. Véritable métonymie poétique, le dessin fusionne parfois avec son propre support, le papier, ou encore avec l’architecture qui l’accueille. Revisitant la technique du frottage chère aux surréalistes, Clémentine May réalise une empreinte du sol du Polaris, révélant à l’encre colorée dans une installation in situ monumentale, ses aspérités témoins de nos pas répétés. Dans Cas d’écorces, tout est affaire de transmutation : la sculpture en grès chamotté mime la feuille roulée sur elle-même quand les moulages en papier séchés sans contraintes s’apparentent à de lourdes plaques de marbre. Ailleurs, la superposition de motifs végétaux créée l’image quasi subliminale d’un nid d’oiseau, comme pour rejouer le phénomène naturel en sérigraphie.
À travers sa pratique artistique, Clémentine May cherche à mettre en exergue, au moyen de quelques traits et avec humilité, les relations que nous entretenons avec le non-humain, le vivant vulnérable, fragmenté ou étayé. Du minéral au végétal, l’environnement est omniprésent, produisant de sensibles mises en abyme. Bien qu’autonomes, les œuvres semblent reliées par des rhizomes imperceptibles, tant formellement que symboliquement. Elles sont les fragments de branches qui invoquent l’arbre tout entier. Réunies dans l’espace d’exposition, comme autant de mots dans les pages d’un livre, elles composent un récit déployé, un paysage à parcourir.