Nathalie Leverger - Portrait
Nathalie Leverger tient un carnet de voyage. Sa pratique artistique polymorphe raconte depuis plusieurs décennies les paysages qu’elle parcourt et les personnes qu’elle rencontre. L’expérience sensible constitue la toile de fond de son oeuvre : chaque lieu traversé devient un terrain d’observation, de collecte, d’attention au vivant. Son travail se construit ainsi par strates de sensations, de couleurs, de matières ou encore de récits.
Exploratrice des formes et des savoir-faire, l’artiste développe une recherche guidée par l’expérimentation.Au fil des territoires, elle s’initie à des techniques traditionnelles comme le crochet, le verre soufflé, la peinture, la broderie ou le collage. Elle ne se spécialise pourtant jamais : fascinée par les accidents et les imprévus, elle se délecte des erreurs qui insufflent sans cesse de réjouissantes surprises dans ses pièces.
Depuis quelques années, inspirée par les pionnières du tissage contemporain comme Anni Albers ou Hessie, elle utilise la couture sur papier, principalement à la machine à coudre, pour dessiner à l’aide de trames de fils sur différentes qualités de papier. « Les points, perforations et superpositions composent des plans, des ferraillages imaginaires, des courbes structurelles ». Ici encore, c’est en contorsionnant une technique artisanale, en l’utilisant à contresens, faisant fi des « règles de l’art », qu’elle devient paradoxalement experte en bourrages de machine, en fils cassés, en noeuds brouillons ou en perforations brutales. Cette méthode met en tension aléa et maîtrise et affirme la place du hasard comme véritable moteur de création pour Nathalie Leverger.
La liberté qu’elle s’octroie participe d’une esthétique de la dérive ou de l’errance, une poésie de terrain. Dans Improbables Jardins , elle prélève les traces résiduelles de son travail de peinture — taches, dépôts de pigments, fantômes de gestes — pour en faire le sujet de nouvelles séries d’oeuvres. Elle rehausse ces formes émergentes à l’huile ou aux crayons, jusqu’à faire apparaître des motifs végétaux.
Ses créations ne cherchent pas la représentation fidèle, mais plutôt la traduction d’une émotion encore vivace. Une prairie traversée peut devenir grappes de verre suspendu ; un jardin observé à l’aube se métamorphose en taches de couleur ; les coques de bateaux inspirent des broderies sur bidons. Les paysages ne sont pas seulement motifs : ils sont matériaux de pensée. L’artiste prélève, transforme, transpose. Elle photographie pour mémoire, puis réinvente. Les oeuvres se nourrissent les unes des autres, se répondent, se contredisent, ouvrent des dialogues ou des débats entre dessins, installations et sculptures. De série en série, se tisse une cartographie intime où l’observation méticuleuse du monde laisse place à la traduction de l’imaginaire.
La mer est un paysage intime et fondateur : celui de son enfance au rythme des marées. Dans la série Ramende tes filets, mon père , le port devient un atelier à ciel ouvert : nasses, cordages, casiers et parebattages nourrissent peintures, coutures, crochets et assemblages où la matière se tend comme un filet. Ramender — réparer — devient une démarche de transmission et de soin. Lors d’un séjour hivernal à Ouessant en 2018, elle observe avec fascination une nature hostile : falaises découpées, cris de mouettes et végétation battue par le vent. De retour à l’atelier, elle cherche à retenir ce souffle dans de grands formats où les horizons tendus, les aplats tramés et les lignes expressives racontent son expérience de l’île.
Toujours en mouvement, Nathalie Leverger développe une pratique artistique narrative qui passe davantage par la suggestion que par l’illustration, enrichie par ses lectures, ses voyages et ses conversations. Les spectateurs et spectatrices sont invité·e·s à entrer dans ces paysages déployés comme on feuillette uncarnet : page après page.
Exploratrice des formes et des savoir-faire, l’artiste développe une recherche guidée par l’expérimentation.Au fil des territoires, elle s’initie à des techniques traditionnelles comme le crochet, le verre soufflé, la peinture, la broderie ou le collage. Elle ne se spécialise pourtant jamais : fascinée par les accidents et les imprévus, elle se délecte des erreurs qui insufflent sans cesse de réjouissantes surprises dans ses pièces.
Depuis quelques années, inspirée par les pionnières du tissage contemporain comme Anni Albers ou Hessie, elle utilise la couture sur papier, principalement à la machine à coudre, pour dessiner à l’aide de trames de fils sur différentes qualités de papier. « Les points, perforations et superpositions composent des plans, des ferraillages imaginaires, des courbes structurelles ». Ici encore, c’est en contorsionnant une technique artisanale, en l’utilisant à contresens, faisant fi des « règles de l’art », qu’elle devient paradoxalement experte en bourrages de machine, en fils cassés, en noeuds brouillons ou en perforations brutales. Cette méthode met en tension aléa et maîtrise et affirme la place du hasard comme véritable moteur de création pour Nathalie Leverger.
La liberté qu’elle s’octroie participe d’une esthétique de la dérive ou de l’errance, une poésie de terrain. Dans Improbables Jardins , elle prélève les traces résiduelles de son travail de peinture — taches, dépôts de pigments, fantômes de gestes — pour en faire le sujet de nouvelles séries d’oeuvres. Elle rehausse ces formes émergentes à l’huile ou aux crayons, jusqu’à faire apparaître des motifs végétaux.
Ses créations ne cherchent pas la représentation fidèle, mais plutôt la traduction d’une émotion encore vivace. Une prairie traversée peut devenir grappes de verre suspendu ; un jardin observé à l’aube se métamorphose en taches de couleur ; les coques de bateaux inspirent des broderies sur bidons. Les paysages ne sont pas seulement motifs : ils sont matériaux de pensée. L’artiste prélève, transforme, transpose. Elle photographie pour mémoire, puis réinvente. Les oeuvres se nourrissent les unes des autres, se répondent, se contredisent, ouvrent des dialogues ou des débats entre dessins, installations et sculptures. De série en série, se tisse une cartographie intime où l’observation méticuleuse du monde laisse place à la traduction de l’imaginaire.
La mer est un paysage intime et fondateur : celui de son enfance au rythme des marées. Dans la série Ramende tes filets, mon père , le port devient un atelier à ciel ouvert : nasses, cordages, casiers et parebattages nourrissent peintures, coutures, crochets et assemblages où la matière se tend comme un filet. Ramender — réparer — devient une démarche de transmission et de soin. Lors d’un séjour hivernal à Ouessant en 2018, elle observe avec fascination une nature hostile : falaises découpées, cris de mouettes et végétation battue par le vent. De retour à l’atelier, elle cherche à retenir ce souffle dans de grands formats où les horizons tendus, les aplats tramés et les lignes expressives racontent son expérience de l’île.
Toujours en mouvement, Nathalie Leverger développe une pratique artistique narrative qui passe davantage par la suggestion que par l’illustration, enrichie par ses lectures, ses voyages et ses conversations. Les spectateurs et spectatrices sont invité·e·s à entrer dans ces paysages déployés comme on feuillette uncarnet : page après page.