Pierre Cauchois & Eugénia Reznik
Publié dans le catalogue de l’exposition Déplacer le geste à l’EMAP Corbas, avril 2026
Pierre Cauchois et Eugénia Reznik développent des pratiques artistiques distinctes mais profondément complémentaires, réunies par un intérêt commun pour les savoir-faire et la connaissance des gestes. Formé aux métiers de l’artisanat et de l’artisanat d’art, Pierre Cauchois travaille la matière — métal, bois, peinture — en détournant et en mettant en tension les techniques traditionnelles propres à chacun de ces médiums. En élaborant des des recettes expérimentales, il crée des formes hybrides qui troublent notre perception du réel. Outils détournés, assemblages, défonces et soudures nourrissent une œuvre où le processus s’efface au profit de supports devenus surfaces, tendues, presque silencieuses.
À l’inverse, le travail d’Eugénia Reznik s’ancre dans une approche conceptuelle et narrative. Son œuvre se construit à partir de la parole, des archives, des récits collectifs et des traces laissées par l’histoire sociale et industrielle. Broderie, dessin, moulage, installation et transfert photographique deviennent autant d’outils de traduction sensible des déplacements, des luttes et du temps.
Depuis plusieurs années, leur dialogue s’inscrit dans un va-et-vient constant entre parole et matière. Leur nouvelle exposition Déplacer le geste à l’EMAP prolonge cette recherche commune. Elle explore les déplacements de sens, de formes et d’usages qui émergent lorsque les gestes sont extraits de leur contexte pour être réinvestis autrement. Elle réunit notamment la série des Outils indispensables de Pierre Cauchois, objets à la fois familiers et insaisissables. Leurs usages nous échappent ; à la manière de sculptures surréalistes, ils apparaissent comme des artefacts imaginaires issus d’un musée d’archéologie du présent. Suspendus en lévitation au-dessus de stèles-socles au design futuriste, ils témoignent du passage du temps. Un tableau en bois, minutieusement sculpté selon un processus volontairement opaque, semble esquisser la possible réactivation de ces outils.
Au mur, Entre le tissu et la plante, une série collaborative de moulages en résine translucide associe dessin, transfert photographique et broderie pour donner à voir la fibre de lin. Après avoir travaillé à partir d’archives liées aux métiers du textile et à des chutes de tissus, les artistes poursuivent leur recherche autour de ce motif végétal observé au microscope. Le récit s’incarne dans la matière, rendant visible l’invisible. Ensemble, le duo sculpte la mémoire : les fils se perdent, mais l’histoire persiste.
La Linière, l’installation monumentale d’Eugénia Reznik présentée dans le hall du Polaris, plonge le visiteur au cœur d’un vaste champ de racines de lin suspendues. Brodées sur de grands panneaux de géotextile noir, elles évoquent à la fois la plante et le sol dont elle est arrachée, proposant une métaphore sensible d’un déracinement culturel et d’une mémoire enfouie sous la terre.
À l’inverse, le travail d’Eugénia Reznik s’ancre dans une approche conceptuelle et narrative. Son œuvre se construit à partir de la parole, des archives, des récits collectifs et des traces laissées par l’histoire sociale et industrielle. Broderie, dessin, moulage, installation et transfert photographique deviennent autant d’outils de traduction sensible des déplacements, des luttes et du temps.
Depuis plusieurs années, leur dialogue s’inscrit dans un va-et-vient constant entre parole et matière. Leur nouvelle exposition Déplacer le geste à l’EMAP prolonge cette recherche commune. Elle explore les déplacements de sens, de formes et d’usages qui émergent lorsque les gestes sont extraits de leur contexte pour être réinvestis autrement. Elle réunit notamment la série des Outils indispensables de Pierre Cauchois, objets à la fois familiers et insaisissables. Leurs usages nous échappent ; à la manière de sculptures surréalistes, ils apparaissent comme des artefacts imaginaires issus d’un musée d’archéologie du présent. Suspendus en lévitation au-dessus de stèles-socles au design futuriste, ils témoignent du passage du temps. Un tableau en bois, minutieusement sculpté selon un processus volontairement opaque, semble esquisser la possible réactivation de ces outils.
Au mur, Entre le tissu et la plante, une série collaborative de moulages en résine translucide associe dessin, transfert photographique et broderie pour donner à voir la fibre de lin. Après avoir travaillé à partir d’archives liées aux métiers du textile et à des chutes de tissus, les artistes poursuivent leur recherche autour de ce motif végétal observé au microscope. Le récit s’incarne dans la matière, rendant visible l’invisible. Ensemble, le duo sculpte la mémoire : les fils se perdent, mais l’histoire persiste.
La Linière, l’installation monumentale d’Eugénia Reznik présentée dans le hall du Polaris, plonge le visiteur au cœur d’un vaste champ de racines de lin suspendues. Brodées sur de grands panneaux de géotextile noir, elles évoquent à la fois la plante et le sol dont elle est arrachée, proposant une métaphore sensible d’un déracinement culturel et d’une mémoire enfouie sous la terre.